Développement personnel

Je dis non à la fatigue mentale

Dites non à la fatigue mentale. Ce n’est pas votre invitée VIP, car c’est elle qui vient chez vous à l’improviste sans y avoir été préalablement invitée. Elle arrive chez vous, vous lui ouvrez la porte, et elle la bloque tout de suite, jusqu’à ce que vous la laissiez entrer, de guerre lasse. En effet, la fatigue est la soeur de la lassitude, ce sentiment d’épuisement global.

Et d’abord, c’est quoi exactement la fatigue ?

Il est effectivement nécessaire de commencer par en donner une définition. Ainsi, le dictionnaire Larousse la définit comme suit :

  • 1. État physiologique consécutif à un effort prolongé, à un travail physique ou intellectuel intense et se traduisant par une difficulté à continuer cet effort ou ce travail. Synonymes : abattement, accablement, anéantissement, asthénie, épuisement, éreintement (familier), exténuation, harassement, lassitude, surmenage. Contraire : repos.
  • 2. Ce qui cause cet état de lassitude (surtout pluriel) : supporter les fatigues du voyage.
  • 3. Endommagement d’un matériau provoqué par la répétition de sollicitations mécaniques et pouvant entraîner sa rupture sous des contraintes inférieures à celles résultant d’actions statiques.

L’extension du domaine de la fatigue

Et il y a aussi des expressions très intéressantes : tomber, être mort de fatigue, ne plus tenir sur ses jambes, ressentir une très grande lassitude. Georges Vigarello, historien, a écrit un livre dont le titre est « Histoire de la fatigue, du Moyen-Âge à nos jours ». C’est à lui que l’on doit l’expression « L’extension du domaine de la fatigue ». Car cette fatigue touche à la fois le physique, le mental, l’émotionnel, le psychologique, etc. C’est un peu comme si elle fonctionne en mode domino, où chaque domaine interagit avec les autres. Jusqu’à ce que vous soyez totalement essoré, lessivé. Et c’est là qu’arrive le fameux burn out. Ce mot qui vient de l’anglais a pour définition (dans le dictionnaire Larousse) : « Syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir. ». Tout l’opposé du « Mens sana in corpore sano » latin. Ou bien en français : « Un esprit sain dans un corps sain ».

« L’habitude est le meilleur des serviteurs ou le pire des maîtres. ».

Nathaniel Emmons

La bienveillance envers soi-même

Car tout commence par votre corps physique. Les sages de l’Antiquité égyptienne, grecque, romaine, etc. l’avaient parfaitement compris. C’est la raison pour laquelle l’éducation physique avait pris, à ces époques, autant d’importance dans l’éducation globale. Dans les premières pages du livre de Marguerite Yourcenar, « Mémoires d’Hadrien », il y a ces belles phrases de l’Empereur Hadrien, adressées à Marc, que je souhaite partager avec vous :  » Ce matin, l’idée m’est venue pour la première fois que mon corps, ce fidèle compagnon, cet ami plus sûr, mieux connu de moi que mon âme, n’est qu’un monstre sournois qui finira par dévorer son maître. Paix… J’aime mon corps ; il m’a bien servi, et de toutes les façons, et je ne lui marchande pas les soins nécessaires… ». Là, tout est dit. Votre corps est infiniment précieux, il vous accompagne toute votre vie. Car c’est votre ami le plus proche. Et en prendre soin chaque jour est juste une nécessité.

Comment prendre soin de soi

Aujourd’hui, les choses s’accélèrent. En effet, le temps est contracté, fractionné sournoisement. Vous êtes très facilement débordé(e), dépassé(e). Vous avez l’impression que vous auriez besoin de beaucoup plus de temps pour tout faire. De fait, l’environnement macroéconomique a engendré de nouvelles formes de travail, voire de télétravail. L’exigence de rentabilité à tout prix (pour les actionnaires) a transformé la société en une gigantesque pieuvre tyrannique qui étouffe tout le monde avec ses énormes tentacules. La mondialisation a fait empirer une situation déjà catastrophique pour les êtres humaines. Tout cela a une conséquence : la fatigue, qui est la première marche vers l’inévitable épuisement. Car, vous ne pouvez pas rester en mode fatigué tout le temps, cela est juste impossible biologiquement. C’est cela qui prépare l’arrivée du burn out. Plus de cortisol, vous êtes cramé.

« Faites disparaître la cause et l’effet cesse. ».

Miguel de Cervantes

Mes émotions sont toujours mes alliées

J’ai eu la chance de me former à la Communication Non Violente (CNV) il y a une bonne dizaine d’années. J’ai découvert que les émotions sont toujours l’expression d’un besoin. La formatrice le désignait sous le joli nom de « besoin coeur ». Par exemple, si vous avez peur, c’est que vous recherchez la sécurité. Votre chakra racine (le premier chakra) et votre chakra du coeur (le quatrième chakra) sont fortement perturbés pendant les périodes de guerre, de crise, de troubles, etc. Or, dans le monde actuel, la paix réelle n’existe pas. D’ailleurs, comment pourrait-elle exister, alors que les ventes d’armes continuent de rapporter des milliards de dollars ou d’euros ? Le bouddhisme vous enseigne le karma. La loi du karma, c’est la loi de la causalité, d’après laquelle toutes vos actions sont suivies d’effets, de conséquences. Dit autrement, la loi de cause à effet. Cette loi explique comment la fatigue est devenue souvent chronique.

Être gentil avec soi-même

Si fatigue il y a, c’est que vos émotions sont vraiment chamboulées. Vous n’êtes plus aligné(e), vous êtes décentré(e). Vous n’êtes plus en cohérence interne, vous êtes alors comme un arbre confronté à une violente tempête. Qui peut le briser, comme ce fut le cas en France en cette sinistre année 1999. Où des millions d’arbres ont été déracinés. Vous devez prendre soin de vos états émotionnels, aussi bien que de votre corps physique. De fait, l’un ne va pas sans l’autre. Si votre corps et vos émotions sont en équilibre, en parfaite harmonie, tout va bien. Mais, à l’inverse, si vous êtes perturbé(e) émotionnellement, tout devient très difficile pour vous. Chaque tâche à faire devient incroyablement difficile à accomplir. Tout prend la forme de corvée, dans laquelle le plaisir est totalement absent. Comment pourriez-vous vous sentir en joie, si vous êtes fatigué(e) ? L’homéostasie émotionnelle est votre baromètre, elle vous donne votre météo interne.

« Rien d’exceptionnel n’a jamais été réalisé sinon par ceux qui ont osé croire qu’il y avait en eux quelque chose de supérieur à la circonstance. ».

Bruce Barton

Décider d’avoir un mental gagnant

Oui, c’est vous, uniquement vous, le capitaine du bateau, le maître de la maison, le pilote qui connaît parfaitement son tableau de bord. Vous souvenez-vous du fameux « miracle de l’Hudson » ? Le 15 janvier 2009, le pilote Chesley Sullenberger et son copilote Jeffrey Skiles réussirent à amerrir l’Airbus A320 sur le fleuve Hudson, face à Manhattan, après 5 minutes et 8 secondes de vol. Tous les 155 passagers furent sains et saufs. Cela aurait été impossible si ces deux pilotes n’avaient pas maîtrisé leurs émotions. S’ils avaient cédé à la panique, le crash aurait été inévitable. Mais, ils étaient en état de concentration maximale et de maîtrise de soi totale. Les sportifs de haut niveau ont eux aussi ces mêmes aptitudes. Mais, cela n’arrive jamais par hasard. C’est le fruit d’une préparation mentale constante. Nelson Mandela avait coutume de dire :  » Je suis le maître de mon esprit, le capitaine de mon âme ». Dites non à la fatigue.

Clarifier ce que je veux vraiment

Pour cela, demandez-vous d’abord ce que vous voulez vraiment. Pour vous, pour vos proches, pour vos collègues de travail, etc. La plupart du temps, vous savez parfaitement dire ce dont vous ne voulez plus. Fumer trop, manger trop gras, rester sur votre canapé tout l’après-midi à ne rien faire et à regarder la TV…Ensuite, demandez-vous pourquoi vous le voulez vraiment. Quelles sont vos motivations, vos aspirations, vos rêves ? Gardez en tête que tout ce que vous faites (ou évitez de faire !) vous permet d’éviter la souffrance et de ressentir du plaisir. Or, si vous êtes fatigué(e), vous ne pouvez pas éprouver ce plaisir. C’est impossible. Vous devez avoir une véritable « feuille de route », un vrai plan directeur avec un programme d’actions1. Et avoir aussi un plan B, car « on ne sait jamais ». Bref, vous contrôlez votre vie, vous ne la subissez pas, et vous (re)devenez acteur, car vous êtes seul(e) aux commandes.

1 – Méthode TOP

« Je conçois qu’il faille éviter les plaisirs qui entraînent de grandes douleurs et convoiter les douleurs qui débouchent sur de plus grands plaisirs. ».

Michel de Montaigne